Définitions et historique du ménage et de l’hygiène
Définitions
Le sens économique du terme ménage
Le mot ménage s’est écrit «
mesnage » jusqu’au XVIII
e siècle, mais s’écrivait aussi parfois «
maisnage » par assimilation avec «
maisnée » (« maisonnée ou famille »). «
Maisnée » était proche du mot latin «
mansionem » d’où provient le mot
maison. Le suffixe en « age », est tiré de l’ancien verbe
manoir, signifiant demeurer, lui-même issu du latin
mano, manere.
Le terme ménage revêt plusieurs sens. Au sens économique, le ménage représente l’ensemble des occupants d’un même logement. Il n’est pas nécessaire que soient avérés des liens de parenté. C’est une unité élémentaire. Un ménage, comme unité de mesure, peut évidemment être composé d’une seule personne.
Soulignons que ce terme est défini par l’Insee, dans le but de recueillir des mesures statistiques. Ces statistiques macro économiques sont indispensables au plan de gestion économique et sociale d’un pays. Ce n’est pas cette acception qui sera développée dans le présent article.
Le sens domestique du mot ménage
Le deuxième sens qui nous préoccupe ici davantage, concerne l’usage domestique du terme.
Le ménage représente ainsi l’ensemble des
travaux d’entretien et de soin d’un lieu de vie, que ce soit un lieu privé, public ou professionnel. Il s’agit de ranger, nettoyer, et de rendre ce lieu propre. L’expression française la plus commune est « Faire le ménage ».
Au sens figuré, cette expression souligne le caractère décisif du « rangement », puisqu’il s’agit de trier et réorganiser quelque chose, en se débarrassant de ce qui est perçu comme inutile. Elle signifie alors « régler des problèmes ». Ce dernier sens ne sera pas évoqué dans le texte qui suit.
Définition de l’hygiène
C’est l’ensemble des règles et pratiques indispensables au maintien de la santé et de la propreté. L’hygiène concerne tous les éléments ou objets avec lesquels nous sommes en contact direct ou indirect, que ce soit, les personnes, les matières, les locaux… Elle comprend donc le nettoyage et la détersion, puis la désinfection et enfin la conservation.
L’hygiène est devenue une composante essentielle de notre vie. L’« hygiène corporelle » est très importante, mais on parle également de plus en plus, de l’« hygiène de vie », l’« hygiène alimentaire » et l’« hygiène mentale ». L’hygiène, qui vise à protéger des infections, doit être maintenue en permanence. Le ménage, par l’action de nettoyer et de désinfecter est une des phases fondamentales de cette théorie.
Historique du ménage et de l’hygiène
Historique du ménage
L’histoire du ménage se confond avec celle du service domestique. Le service domestique était un système très hiérarchisé et très répandu dans les classes aisées des sociétés occidentales. Avant les réformes du XX
e siècle, les personnes employées pour le service domestique n’avaient généralement aucune protection, et étaient plus ou moins corvéables à merci. Cela pouvait également aller jusqu’à l’exploitation sexuelle. Ces métiers fournissaient cependant de menus avantages. Ainsi les repas, le logement, et parfois les vêtements étaient à la charge de l’employeur.
Il y avait au sein du service domestique, une division sexuelle du travail. Les femmes occupaient les postes de nourrices (plus prestigieux), de cuisinières et de femmes de chambre. Les hommes étaient plus généralement laquais, valets, chauffeurs… Les domestiques femmes étaient donc en charge de l’entretien de la maison et des taches ménagères.
En France, ce sont les campagnes qui ont longtemps pourvu les villes en domestiques. Aujourd’hui, ce sont les travailleuses immigrées qui les remplacent (en 1990, 54% des domestiques). Malgré l’augmentation des charges sociales exigibles sur les salaires d’employés de maison, la demande concernant les femmes de ménage a augmenté. Celles-ci cumulent quelques heures de ménage chez plusieurs employeurs au cours de la semaine. Pour mieux répartir les heures de travail et améliorer leurs conditions de travail, des sociétés de
service à domicile ont vu le jour.
Historique de l’hygiène
Le mot hygiène est issu du nom de la déesse grecque Hygie, déesse de la santé et de la propreté. Si on s’intéresse aux cas des civilisations européennes, l’hygiène est pendant l’Antiquité et le Moyen Âge un signe de bonne santé. Les bains publics sont très répandus et les espaces publics bien entretenus, notamment avec des systèmes d’écoulement des eaux.
À partir de la Renaissance, les choses commencent à se gâter, et jusqu’au XIX
e siècle, l’eau est considérée comme suspecte. Les parfums sont donc utilisés pour désinfecter et camoufler les odeurs. Au milieu du XIX
e siècle, un médecin viennois découvre que les risques de mortalité en couche sont moindres à domicile, ou même dans la rue, qu’à l’hôpital. Ce médecin réalise que ses confrères de l’hôpital passent indifféremment d’un service à l’autre, de la morgue à la maternité par exemple, et même d’un patient à un autre, sans prendre le temps de se nettoyer les mains. Il vient de découvrir le risque nosocomial ! Mais ces théories devront attendre quelques générations avant de faire des émules et d’instaurer la mise en œuvre de travaux de ménage et de mesures d’hygiène.